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Vendredi 17 février 2006
 

Euler Hermes : « France : une économie sans industrie est une économie sans croissance »


Si l'on souhaite de la croissance, il faut de l'industrie. L'année 2005 a été décevante à cet égard pour la France, avec une croissance manufacturière de 1%, alors que 2004 avait amorcé une belle reprise avec une croissance française supérieure aux attentes (+2,1%), grâce à un redémarrage vigoureux de l'industrie, et tout particulièrement de l'automobile.

L'année 2005 en a été l'image inverse. La croissance a déçu : les espoirs de la voir dépasser 2 % se sont envolés au 1er trimestre. L'industrie a connu une sérieuse décélération, la croissance du secteur manufacturier tombant de 2,3% à près de 1 %. L'année 2006 s'annonce plus favorable, selon l'assureur-crédit Euler Hermes SFAC, grâce à la baisse de l'euro et la fin de la hausse du coût des matières premières.

2005 l'industrie a piétiné en France :
• Face à l'automobile en difficulté, le secteur aéronautique tire son épingle du jeu

Le secteur automobile a été particulièrement affecté avec une croissance nulle contre +4 % en 2004. Il a souffert du vieillissement de la gamme des constructeurs français et d'un mouvement de déstockage. « Le fort déstockage, supérieur à la baisse des ventes entrepris par les constructeurs français, notamment PSA, repose semble-t-il, sur la crainte d'un tassement du marché européen sur 2006, dans la lignée du dernier trimestre 2005 avec une baisse de l'ordre de 5%, conséquence d'un pouvoir d'achat en berne et de la hausse des prix à la pompe. Pour les constructeurs français, on peut toutefois espérer un petit rebond sur 2006 avec les nouveaux modèles : Renault Clio en année pleine, lancement en mars de la Peugeot 207 et enfin à l'automne du nouveau Picasso Citroën et d'un rebond des stocks », analyse Yann Lacroix, responsable des études sectorielles Euler Hermes SFAC.

Dans son sillage, la sidérurgie (-4,5 %, affectée par le déstockage) et la métallurgie (-3,5 % pour les non ferreux, -3% pour la fonderie) ont connu un recul significatif, alors que la concurrence des sous-traitants étrangers ne cesse de monter. Seuls les acteurs travaillant pour le secteur aéronautique ont tiré leur épingle du jeu. Ce dernier a connu une croissance exceptionnelle (+13%), liée aux succès d'Airbus, et a tiré l'ensemble du secteur des biens d'équipement. Mais hors l'aéronautique, les autres biens d'équipement ont été décevants, malgré une forte demande internationale.


• La pharmacie, les cosmétiques et l'électronique grand public tirent le secteur des biens de consommation vers le haut :
Euler Hermes : « France : une économie sans industrie est une économie sans croissance »En dépit de la chute continue de l'habillement et de la chaussure, le secteur des biens de consommation a en revanche maintenu une croissance plus soutenue (2,3 %) grâce à la dynamique de la pharmacie, des cosmétiques et de l'électronique grand public. L'industrie des biens intermédiaires a stagné en 2005, du fait de la métallurgie, du textile, du verre et des composants électroniques, et malgré une bonne performance de la chimie organique (+2,9%). Les secteurs non industriels ont été plus dynamiques (BTP +3 %, services aux entreprises +2,6 %, commerce +2,6%), à l'exception des transports (+1%) et des services aux particuliers (+1%). Le transport routier de marchandises a pâti du ralentissement industriel et d'une intensification de la concurrence étrangère.

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