2) Restauration
des marges en France à partir de 2004 :
• Crise plus tardive et plus profonde en France
par rapport au reste du monde.
Depuis 2002, la croissance française du marché
des services informatique est restée inférieure
à celle du marché mondial. En 2006, la
croissance prévue est de 4,8% et en 2007 de 3%
(vs 5,2% pour le monde).
• Effet de ciseaux sur les marges d’un secteur
fortement concurrentiel.
La crise s’est traduite par une forte baisse des
prix dans un marché fortement concurrentiel.
A partir de 2004, la reprise des volumes n’a pas
été accompagnée d’une reprise
des prix.
« Nous observons un effet de ciseaux sur
les marges. Entre le 2ème trimestre 2002 et le
2ème trimestre 2004, la hausse annuelle moyenne
des coûts salariaux a été de 1,7%
alors que la baisse annuelle moyenne des prix des services
informatiques était de 3,7% », commente
Danaé Queyrel, arbitre spécialiste du
secteur chez Euler Hermes SFAC.
• Retour à la rentabilité des SSII
françaises dès 2004, malgré des
marges opérationnelles inférieures à
celles des grands acteurs mondiaux.
Les gains de productivité réalisés
en 2004 et 2005 ont permis d’obtenir des marges
nettes positives respectivement de 1,5% et 3,2% vs -3%
et -0,8% en 2002 et 2003. L’augmentation des volumes
sans augmentation des coûts salariaux a permis
cette amélioration des marges qui restent pourtant
inférieures à celles des acteurs mondiaux.
3) Des perspectives 2007 un peu moins favorables pour
les SSII :
• Croissance du marché français
en valeur, mais tassement des marges en perspective
en 2006-2007.
Le ralentissement de la croissance (de 4,8% en 2006
à 3,2% en 2007) devrait faire évoluer
un peu les marges.
« A partir de l’étude de notre
échantillon de 15 000 entreprises, nous prévoyons
un léger tassement des marges en 2006 et 2007.
La marge nette passerait de 3,2% en 2005 à 3,1%
en 2006 puis 3% en 2007 », observe Danaé
Queyrel.
• Les PME du secteur sont nettement moins rentables
que les grandes entreprises.
En 2005, les grandes entreprises étaient plus
rentables : la marge nette des entreprises dont le chiffre
d’affaires est supérieur à 15 millions
d’euros est de 3,9% vs 1,8 % pour les entreprises
de moins de 15 millions d’euros.
« Lorsque nous analysons les comptes de résultat
de notre échantillon, nous observons que les
deux enjeux majeurs pour les PME du secteur sont les
exportations et les coûts salariaux. Le chiffre
d’affaire export des grandes entreprises est presque
le double de celui des petites entreprises et leurs
frais de personnel sont moins importants »,
constate Didier Moizo.
• Un taux de sinistralité en baisse mais
supérieur à la moyenne nationale.
Globalement en 2005, le taux de sinistralité
dans les services informatiques était plus élevé
(+2,2%) que dans l’ensemble de l’économie
(+1,8%). Mais les défaillances des sociétés
de services informatiques sont en baisse de 3% en 2006.
« Entre 2004 et 2006, le nombre de SSII a baissé de 13 %
alors que l’activité augmentait de 13
%. La baisse des marges devrait pousser les entreprises
à poursuivre ce mouvement de concentration »,
conclut Laurent Delol, arbitre chez Euler Hermes SFAC.