NTT Docomo essaime sa
technologie i-mode aux quatre coins du globe. La Corée joue
les effets de levier en Asie. Et l'Europe cherche encore son
chemin. En matière d'Internet mobile, le Vieux Continent n'est
pourtant pas à la traîne. Selon Analysys, 13% des revenus des
opérateurs mobiles européens seront tirés des activités non
voix en 2002, contre 8,8% en 2001. Tandis que Bouygues Telecom
espère lancer ses premières offres i-mode en France à la
mi-novembre 2002, l'opérateur Base, filiale de KPN Mobile,
vient d'inaugurer les premiers services de l'opérateur
japonais en Belgique. De plus en plus, les regards se tournent
donc vers l'Asie. Soucieux d'essaimer sa célèbre technologie
(plus de 30 millions d'affiliés au Japon), NTT Docomo ne se
contente pas de nouer des partenariats en Europe. En juin
dernier, grâce à une alliance avec l'opérateur taïwanais KG
Telecommunications, NTT Docomo, a, une nouvelle fois
évangélisé le marché. Ce qui a porté ses fruits. En trois mois
de commercialisation, KG Telecommunications aura réussi à
fédérer 22 000 abonnés i-mode.
A la fin de l'année 2002,
l'opérateur taïwanais souhaite en détenir quelque 50 000.
Selon KG Telecommunications, 60% de ses abonnés i-mode ont
entre 20 et 34 ans, alors que 11% sont âgés de 35 à 44 ans.
Mais sur le continent asiatique, l'i-mode reste une
alternative parmi tant d'autres. Dans l'une de ses dernières
études, Strand Consult dresse un panorama précis du succès
remporté par le Wap en Corée. Aujourd'hui, 25% des abonnés
mobiles coréens ont fait l'acquisition d'un terminal 2,5 G,
soit 9 millions de personnes dont 5 millions ont acheté un
mobile couleur. Un abonné 2 G coréen dépense 1,90 E par mois,
tandis qu'un individu ayant recours à la technologie 2,5 G
débourse en moyenne 4,60 E. A noter que les utilisateurs de
terminaux mobiles couleur dépensent quant à eux 7,60 E en
moyenne par mois. Les Coréens ont ainsi ouvert un nouveau
marché du Wap, ce qui leur permet de passer aisément aux SMS
surtaxés. Sur le Vieux Continent, les acteurs spécialisés du
secteur cherchent encore des relais de croissance à travers
les nouveaux services multimédias. A la fin de l'année 2002,
le cabinet Analysys estime que les opérateurs mobiles
européens généreront 13% de leurs revenus grâce à des
activités non voix, contre 8,8% en 2001 et 5,3% en 2000.
"C'est un bon rythme de croissance, explique Katrina Bond,
auteur de l'étude. Mais pour le préserver, les opérateurs
mobiles européens doivent impérativement focaliser toute leur
attention sur les nouveaux services, notamment ceux liés au
divertissement".
L'heure est donc à la méfiance.
Sur les six premiers mois de l'année 2002, le nombre d'abonnés
a en effet à peine progressé de 3% par rapport à la même
période de l'année précédente. Pour l'heure, le marché des
télécommunications mobiles se sert des SMS comme effet de
levier. Grâce à l'essor des messages texte, la sphère
européenne des services de données mobiles devrait peser près
de 15,40 MdE en 2002 et 27,30 MdE en 2005 selon une récente
étude de l'Idate. Avec une croissance de 77% sur la période,
on ne peut pas parler de secteur moribond. Les premiers
indicateurs sur la France sont aussi assez favorables. Sur le
premier trimestre 2002, 1,357 milliard de SMS ont été envoyés
sur les réseaux des opérateurs hexagonaux (+ 28% sur un
trimestre). Dans son observatoire, l'ART estime que les SMS
auront permis aux opérateurs de générer un CA de 142 ME,
contre 122 ME par rapport à la période précédente.