ENTRÉE HIER EN PÉRIODE DE
REDRESSEMENT JUDICIAIRE, CLICVISION DÉVELOPPE QUATRE
OFFRES DE PROGRAMMES PAYANTS, POUR LESQUELS
L'ENTREPRISE COMPTE 50 UTILISATEURS QUOTIDIENS
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On était prévenu, pourtant cela fait
toujours un léger quelque chose que de voir une entreprise
comme Clicvision, promis il y a encore un an à un avenir
radieux, être placée en redressement judiciaire.
C'est en effet depuis hier matin que la
justice a placé le support média audiovisuel en ligne sous
la tutelle d'un administrateur judiciaire dans le but de
faire sortir la tête de Clicvision hors de l'eau.
"Comme nous l'avions indiqué il n'y a que quelques
mois, nous n'avions de la trésorerie pour tenir jusqu'en
juin 2001, explique Henri Mojon, patron de Clicvision. Nos
dépenses étaient alors considérables et il était
nécessaire pour nous d'entamer un plan pour réduire de
manière significative le cash burn". Clicvision devra
dès à présent s'autofinancer sans pouvoir faire appel à
des capitaux extérieurs pour l'aider l'entreprise dans sa
tâche de remise sur pied. En revanche, et c'est là le but
bien sûr, un repreneur peut tout à fait racheter
Clicvision durant les mois de redressement judiciaire.
"La stratégie adoptée par une entreprise en
redressement judiciaire est de trouver un acquéreur, confie
Henri Mojon. C'est durant cette période qu'un investisseur
peut observer l'entreprise, même si son fonctionnement est
minimal. Nous espérons bien sûr qu'un investisseur
industriel rachètera l'entreprise pour assurer l'avenir de
Clicvision". Pour amoindrir les frais de
fonctionnement, Clicvision a d'abord dû réduire son
personnel. Auparavant doté d'une équipe de 31 personnes,
Clicvision ne compte plus désormais que 6 employés.
"Nous nous sommes surtout séparés d'une grande partie
de l'équipe de production de notre filiale Rich Prod,
explique Henri Mojon. Nous n'avons pas fermé cette
société puisqu'elle est désormais uniquement chargée de
vendre à des diffuseurs les productions de son catalogue.
Elle ne produira aujourd'hui plus rien, mise à part des
projets qui auront été financés au préalable par des
coproducteurs et des diffuseurs.
Cette logique de conception nous ôte
totalement le risque producteur et se rapproche du modèle
des producteurs traditionnels". Quant au portail
Clicvision, il est aujourd'hui toujours bien présent sur le
Web. Des programmes issus du catalogue de Rich Prod
continuent à agrémenter le site. "Nous possédons les
droits sur quelques références, comme In Vitro que nous
avons acheté à Reservoir Prod jusqu'en 2002, et nous
disposons de 3 000 programmes en interne, confie Henri
Mojon. De quoi diffuser jusqu'à l'année prochaine avec des
mises à jour aussi fréquentes qu'aujourd'hui",
c'est-à-dire 2 fois par semaine. Parmi ce qui est proposé
à l'Internaute, 4 programmes sortent de l'ordinaire
puisqu'ils font partie de l'offre "Premium", des
programmes payants à la durée (2 F par minute). Ce sont
Télé Coquine, AstrozTV, Miss Trash et Clicmillion.
"Les jeux, le sexe et l'astrologie sont des domaines
où il est plus facile de faire payer, commente Henri Mojon.
Plusieurs portails de divertissement ont d'ailleurs initié
leurs offres payantes par l'un d'eux", CanalWeb
notamment. Aujourd'hui, 50 visiteurs uniques accèdent
chaque jour à l'offre payante de Clicvision. Même si la
situation de la WebTV n'est pas enviable, il faut noter que
le secteur a connu pire. Nouvo.com est l'exemple parfait de
l'entreprise novatrice sur Internet, avec le contenu
nécessaire pour s'imposer mais qui n'a pas su faire face à
un problème élémentaire de revenus. Aujourd'hui, Nouvo
n'est plus depuis plusieurs mois, mais Clicvision a
échappé de justesse l'arrêt de ses programmes.
150 000 Internautes payent pour accéder au
contenu payant de l'offre GoldPass de Real Networks. Si le
marché francophone est moindre que son équivalent
anglophone, le bassin de clientèle demeure important. Reste
à le convaincre.
source
: Cyclope
Presse
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