Les frères Nouzareth s'apprêtent à
revenir sur le devant de la scène. Après s'être éclipsés
en novembre dernier de la direction française d'Icon
Medialab, où ils avaient été remplacés par Mickaël
Brandemar, puis planché sur les dossiers internationaux de
la Web agency suédoise, Romain et Mathieu Nouzareth avaient
finalement quitté l'agence en avril dernier.
Une page d'histoire était tournée pour le
duo qui avait fondé en 1995 l'agence Web Concept, tombée
dans le giron d'Icon Medialab en mai 1999. "Notre départ
d'Icon Medialab n'avait pas été programmé au moment de la
revente. Nous avons plutôt commencé à étudier les
possibilités d'un changement de cap au début de l'année
2000", souligne Romain Nouzareth. Et les deux frères
se réjouissent de la création d'une nouvelle pousse,
baptisée Cineticvision, dont les contours restent mystérieux.
"Ce ne sera pas un projet orienté spécifiquement sur
le Web, mais situé plutôt à la convergence de plusieurs médias",
confie Romain Nouzareth, qui indique également que le
projet a des déclinaisons sur les marchés européens et
asiatiques. Portée sur fonds propres, la start-up en est
aujourd'hui encore à la définition de son concept, et a déjà
sollicité l'intérêt de business angels prêts à rentrer
dans son capital. Pour les développements opérationnels,
il faudra patienter jusqu'au dernier trimestre 2001. En
attendant, restera aux observateurs à gloser sur les
implications du message d'accueil qui peut être trouvé à
l'URL Cineticvision.com: "image mentale peu courante
qui débouche sur un mouvement énergique". Pendant que
les curieux plancheront sur cette définition mystérieuse,
les frères Nouzareth s'appuieront sur l'expérience Web
Concept/Icon Medialab afin d'assurer le succès de leur
nouvelle aventure. "En lançant Web Concept en 1995,
nous avons connu une période plus dure que celle traversée
actuellement : Internet n'était pas médiatisé, les
entreprises n'étaient pas convaincues de son utilité et le
grand public n'en connaissait rien. Malgré le marasme qui
touche les NTIC, il est désormais plus facile de trouver
des clients ou de lever des fonds.
De même, en nous revendant à Icon
Medialab, nous avons pu nous pencher sur les dossiers d'une
société présente sur trois continents et cotée en
Bourse", ajoute Romain Nouzareth. En s'éloignant
d'Icon Medialab, les frères Nouzareth ont néanmoins pris
leurs distances avec le marché de la prestation sévèrement
touché par la crise, comme en témoigne la mise en faillite
du géant Marchfirst ou les multiples plans de
restructuration entamés par Framfab, Pixelpark ou Scient.
Une conjoncture qui n'a pas épargné Icon Medialab : 325
collaborateurs de l'agence Web, présente dans 15 pays européens,
ont déjà été licenciés. "Le marché des agences
Web revient à la raison. Après la fête des années 1999
et 2000, c'est le temps de la gueule de bois. Je m'inquiète
pour le marché français : alors que les mouvements à la
hausse sur le secteur ont été d'abord instigués aux états-Unis
pour ensuite être répliqués en Suède puis en France, le
mouvement à la baisse n'a pas été encore ressenti dans
l'Hexagone. Il n'est pas possible que la France soit protégée
par un micro-climat, d'autant plus que les valorisations des
agences Web françaises cotées son encore supérieures à
celles de leurs homologues américaines", souligne
Romain Nouzareth. Reste que Cineticvision, SARL au capital
de 8 000 E enregistrée sous la dénomination "Conseil
pour les affaires et la gestion" auprès du registre de
commerce de Paris, est éloignée de cette casse annoncée.
"Avec cette start-up, nous retournons
en 1995, en creusant un concept qui n'est pas encore grand
public. Et peut-être que cette société nous aidera à réaliser
en propre des opérations que nous n'avions pas menées avec
Web concept, comme un développement à l'International ou
une introduction en Bourse", espère l'entreprenaute,
qui ne considérerait cependant pas une revente comme un échec.
source
: Cyclope
Presse
[article
précédent] [article suivant]