Homsys (ex-Hommes & Systèmes)
boucle l'exercice 2001 sur un petit exploit. Pourtant
positionnée sur un marché qui a vécu l'an passé au rythme de
la crise, la SSII spécialisée dans les architectures et la
valorisation des données (workflow, intranet/extranet,
informatique mobile) affiche sur l'année une rentabilité en
très nette progression. Homsys a en effet vu son résultat net
après impôts s'envoler de 200% sur 2001 pour atteindre 1,17
ME.
Un rythme de croissance qui se
révèle bien supérieur à celui affiché par le CA du groupe, qui
connaît tout de même dans le même intervalle une hausse
annuelle de 30% à 18,82 ME. Pour Yannick Gonneau, p.-d.g.
d'Homsys, cette performance s'explique tout d'abord par la
réduction sensible des charges liées au développement du
groupe sur le sol français, où il dispose aujourd'hui de 6
implantations (Paris, Toulouse, Bordeaux, Lyon, Marseille et
Rennes) rassemblant 240 ingénieurs, dont près de 60 ont été
recrutés l'an passé. "Dès 1998, nous avons développé une
politique active de croissance en région qui a pesé sur nos
comptes durant trois ans. Ces investissements ont commencé à
devenir profitables sur l'exercice 2001, nos antennes
régionales ayant franchit le seuil de l'équilibre depuis la
fin 2000", souligne-t-il. Par ailleurs, Homsys semble récolter
là les fruits d'un positionnement tranché, résolument tourné
vers la technologie. "Malgré la pression des financiers, nous
ne nous sommes jamais orientés vers un modèle de Web agency
intégrée", se rappelle ainsi Yannick Gonneau. Cette stratégie
n'empêche pas la SSII de développer des projets Web à
caractère privatif (extranet, intranet), d'ailleurs perçus
comme un aboutissement de l'ensemble de ses compétences.
"Ce type de projet s'incrit
dans le prolongement logique de nos activités notament en
termes d'architecture, de business intelligence et Knowledge
management", explique Yannick Gonneau, qui ne cache cependant
pas que le marché lié à ce type de prestation n'a peut-être
pas aussi décollé aussi vite que les observateurs
l'annonçaient. Il n'empêche : il a tout de même été à
l'origine d'un CA de près de 3 ME l'an passé, Homsys affichant
en la matière une vingtaine de réalisations et des références
clients comme Leclerc, pour lequel un ensemble de 25 intranets
a été développé. Sur le plan stratégique, 2001 a également
fourni à Homsys l'occasion de confirmer son attrait pour les
partenariats. Ne désirant pas s'aventurer en solo sur des
terrains dont elle n'est pas spécialiste, la SSII avait ainsi
déjà conclu en 1999 une alliance non exclusive avec l'agence
de design Dragon Rouge (qui détient aujourd'hui environ 6% de
son capital, contre 15% lors du rapprochement) afin de
développer une offre commune, Dragon Rouge Systèmes, chargée
de répondre à l'attente d'une clientèle désirant bénéficier à
la fois de prestations en charte graphique et en développement
technologique.
Un an plus tard, Homsys avait
pris une participation (de 10% à l'époque, diluée depuis à 4%
suite à des augmentations de capital) dans Catalliances, un
spécialiste de la logistique de vente par catalogue, dont il
assure les prestations de back-office et de logistique
décisionnelle. En 2001, la SSII a cette fois conclu une
alliance, également non exclusive, avec le cabinet de conseil
KPMG afin de proposer une offre de conseil stratégique. Une
collaboration opérationnelle depuis octobre dernier. Forte de
ces partenariats et confiante dans son positionnement, Homsys
affiche aujourd'hui son ambition de dégager un CA de 22,11 ME
sur l'exercice en cours, et de continuer à afficher une
croissance de sa rentabilité supérieure à celle de ses
revenus. Dans ce cadre, le groupe compte développer une
stratégie agressive, qui passera par des acquisitions. "Les
créneaux sur lesquels nous évoluons sont garants de
croissance, et de nombreux intervenants vont chercher à s'y
positionner. Continuer à nous y développer seulement sur un
plan organique pourrait nous faire courir le risque d'être
rattrapés", estime Yannick Gonneau.
Pour financer ses ambitions,
Homsys prévoit d'ores et déjà de bénéficier d'apports en
capitaux frais, soit par un appel aux investisseurs privés,
soit par une introduction sur une place financière. Une
manoeuvre qui pourrait intervenir rapidement, le groupe ayant
déjà caressé des projets d'introduction durant l'exercice
2000, avant de faire marche arrière. "Là encore, les analystes
et les introducteurs et teneurs de marché nous ont
successivement poussé, outre le modèle d'agence Web, vers un
positionnement de Wap agency avant de nous inciter à nous
lancer sur le marché du CRM. Nous avons préféré stopper le
processus pour poursuivre notre stratégie initiale dont la
cohérence, est soulignée par la croissance du CA et de la
rentabilité affichée en 2001", se rappelle Yannick Gonneau.
D'autant plus que la tenue des marchés n'était alors pas
enthousiasmante.
Estimant aujourd'hui avoir
validé son modèle, Homsys n'ambitionne pas pour autant de se
lancer à court terme dans une aventure internationale. Pour ce
faire, le groupe estime nécessaire de se positionner dans un
premier temps comme un leader sur le marché français, pour y
rassembler un millier de collaborateurs. Les marchés étrangers
ne devraient donc pas susciter l'appétit du groupe avant 2 ou
3 ans.