Jusque-là épargné par la crise
qui touche actuellement le secteur des télécoms, le marché de
la téléphonie mobile commence à sérieusement s'essouffler. Du
moins, c'est ce que révèle l'une des dernières études menées
par l'Idate sur l'année 2001. En Europe, le cabinet d'étude
compte, en valeur absolue, "50% de nouveaux abonnés en moins
d'une année sur l'autre". L'Allemagne et le Royaume-Uni
semblent être les pays les plus touchés par ce ralentissement.
"Le recul en valeur relative
est spectaculaire en Allemagne, où le parc d'abonnés avait
doublé en 2000. En 2001, la progression allemande se situe
sensiblement en deçà de la moyenne européenne avec 16,7% de
progression relative", remarque l'Idate. Sur l'année 2001, la
France a gagné 7,3 millions de nouveaux abonnés, contre 9,4
millions durant l'année 2000. Cependant, avec 56,1 millions
d'abonnés à la fin de l'année 2001, l'Allemagne reste
incontestablement le leader en matière de téléphonie mobile en
Europe. Suivi de près par l'Italie (50,9 millions), le
Royaume-Uni (47 millions), le France (37 millions) et
l'Espagne (29,6 millions). Le Japon reste bien évidemment le
pays le plus en avance en matière de nouveaux services
mobiles. Au pays du Soleil Levant, l'Internet mobile atteint
d'ores et déjà un taux de pénétration de 45%. Pourtant, note
l'Idate, "l'érosion des Arpu est sensible jusqu'au Japon. Les
premières publications de l'Arpu du service Foma de NTT Docomo
montrent que l'Arpu 3G peine à inverser la tendance baissière
de l'Arpu global". Au 31 mars 2002, les revenus mensuels
moyens par abonné Foma (3G local) s'élevaient à 8 430 Y (Yens,
soit 73,1 E), tandis que l'Arpu issu de l'i-mode plafonnait à
1 590 Y (13,8 E), en hausse de 87,5% sur douze mois. La
question demeure quant à l'évolution à la hausse ou à la
baisse des revenus Foma.
"La quasi-fin de la croissance
en Europe pourrait être interprétée comme une bonne nouvelle
pour les investisseurs. Elle marque la fin de la course à
l'abonné, les opérateurs préférant se focaliser sur la qualité
des clients que sur leur nombre", explique l'Idate. Avant
d'ajouter : "En réduisant les subventions de terminaux
notamment, en privilégiant les abonnements au forfait plutôt
que les offres prépayées, ils souhaitent pousser les Arpu à la
hausse". Confiant, l'Idate estime que le nombre d'abonnés GPRS
et UMTS devrait avoisiner les 82 millions en Europe durant
l'année 2005, soit 24% de la base totale du nombre d'abonnés.
Ce marché pèsera, selon le cabinet, pas moins de 33 MdE. A
cette date, l'Arpu issu de l'activité donnée s'élèvera à 9 E,
contre 3,4 E en 2001. Logiquement, les revenus voix fléchiront
de 11,7% entre 2001 et 2005. En revanche, dans sa globalité,
l'Arpu affichera, dans le même laps de temps, une croissance
de 3,9%. Pour le moment, "les efforts des opérateurs pour
enrayer la baisse continue de la recette moyenne par abonné et
restaurer les marges tout au long de l'année 2001, ne semblent
pas donner les résultats escomptés". Cette tendance, orientée
plutôt à la hausse, contraste bien évidemment avec les cours
de Bourse des principaux opérateurs.
Logés à la même enseigne, tous
ont été égratignés par les marchés. La valeur du titre
Vodafone a chuté de 44,29% depuis le début de l'année 2002.
Même constat du côté d'Orange (- 44,89%). NTT Docomo, inscrit
sur le London Stock Exchange n'a pas été non plus épargné
(- 77,16%). Il en va de même pour le médiatique MobilCom
(- 33,45%), mais aussi pour Telefonica Moviles
(- 21,69%).