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Jeudi 6 juin 2002
Le groupe AGF affine sa stratégie Web en gelant toute commercialisation en ligne de produits jugés trop complexes pour ce canal de vente
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En matière de développement sur Internet, le groupe AGF est tiraillé par un paradoxe. Alors que BanqueAGF, son projet de diversification vers la banque en ligne, a aujourd'hui tous les atours d'un succès (il occupait en novembre dernier la première place du marché français avec 215 000 clients), l'assureur reste sceptique sur les apports du Web à son métier historique.

"Internet constitue un formidable outil de communication, mais il n'est pas un canal de vente idéal pour un assureur", estime Gérard Pfauwadel, d.g. du groupe AGF. Il faut dire que le groupe a déjà essuyé un revers sur ce terrain : le site Okassurance, lancé par le groupe en juillet 2000, a en effet cessé ses activités en janvier dernier. "Après observation de l'évolution des ventes d'assurance sur Internet, et tirant les conséquences de leur faible développement, le groupe AGF a décidé d'interrompre le site de souscription en ligne", expliquait-on alors du côté de l'assureur. Et AGF de tirer aujourd'hui les conclusions de cette mésaventure. "Dans un secteur d'activité tel que l'assurance, le consommateur a besoin d'être rassuré et d'entrer en contact avec une personne physique", poursuit Gérard Pfauwadel. Et cette doctrine semble aujourd'hui faire des adeptes du côté du fleuron BanqueAGF, entrée en action à la fin 2001. Pour Philippe Toussaint, p.-d.g. de la banque à distance, les opérations menées en ligne doivent se limiter à des interactions courantes, qui impliquent relativement peu le client. Et pour l'heure, les AGF se refusent à promouvoir la commercialisation en ligne de produits complexes. Une stratégie qui semble là aussi paradoxale, alors que le groupe vient d'entrer à hauteur de 20% dans le capital d'Altaprofits, un site de courtage spécialisé dans le produit délicat qu'est l'assurance-vie.

Du côté des AGF, on explique cependant la pertinence de cette manouvre : il s'agit de rester à l'écoute du marché, en y prenant pied discrètement via une participation limitée et une marque écran. Si les services de celle-ci se révèlent finalement décevants pour l'Internaute, cela ne rejaillira pas négativement sur l'image de l'assureur, qui s'offre ainsi une position plus confortable dans le cadre de ses expérimentations. Cette prudence n'empêche toutefois pas le groupe de miser sur le Web pour communiquer autour du lancement de nouveaux produits. Alors qu'AGF met ces jours-ci en place sa nouvelle offre packagée "pleins phares", qui allie produits d'assurances dommages automobile et une offre bancaire, en misant exclusivement sur une commercialisation effectuée via son réseau physique d'agents, le groupe place pourtant le Web au cour de son plan de communication. Et les AGF de planifier une campagne de publicité en ligne mobilisant quelque 30 000 E. Si cette enveloppe semble modeste par rapport aux 500 000 E investis dans la campagne radio, le groupe AGF affiche cependant son intention d'enregistrer un taux de retour "important" sur son offensive Web, canal considéré comme un excellent "apporteur d'affaires" par le groupe : "nous utilisons le Net comme outil de promotion ; d'ailleurs, 10% de nos devis établis proviennent de demandes en ligne", explique Gérard Pfauwadel.

En clair, le site génère le contact, et l'agent, personne physique, est chargé de transformer l'essai. Et le groupe d'affirmer utiliser le Web comme un véritable outil d'aide à la vente. Ainsi, parmi les 3 000 agents généraux du groupe, 750 possèdent leur propre site Internet et 250 ont même développé un contenu personnalisé.


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