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Le 2 mai 2002, un homme de 40
ans, diplômé de polytechnique, pénètre dans le bureau de
directeur général de France Télévisions Interactive (FTVI), où
Edmond Zucchelli passait auparavant ces journées. Cette
nouvelle figure du GIE formé par France 2 et France 3
s'appelle Laurent Souloumiac, personnage bien connu de
l'univers des télécommunications, d'Internet et des médias,
après être passé successivement par France Télécom, Voila et
au Figaro.fr.
"J'ai été contacté par
Christopher Baldelli [le directeur général délégué de France
2, N.D.L.R.] à la fin du mois de février dernier. Il m'a
proposé la direction générale de la structure interactive du
service public. Ce poste m'a tout d'abord intéressé parce
qu'il concerne Internet et l'interactivité, explique Laurent
Souloumiac. C'est une évolution logique et je souhaitais
rester dans ce milieu. La seconde raison de ce choix est le
potentiel de FTVI en terme de puissance des contenus à la
disposition du secteur. Tout en faisant attention aux
dépenses, FTVI tient une place très importante dans la
stratégie de France Télévisions". Sans oublier le rôle de la
TNT qui devrait arriver prochainement en France. "Inéluctable
et nécessaire pour l'économie des fréquences hertziennes",
selon Laurent Souloumiac, cette dernière devrait également
apporter l'interactivité dans la télévision hertzienne, ce que
le directeur de FTVI encourage. France Télévisions Interactive
s'intéresse bien sûr à tout ce qui concerne Internet (le
portail, les sites des chaînes et les déclinaisons en ligne
des émissions). Mais elle ne néglige aucunement la télévision
interactive, l'interactivité via la téléphonie mobile, le
Minitel, l'Audiotel et le Télétexte, ancêtre de l'IPG diffusé
par voie hertzienne et présentant un contenu rédactionnel
sommaire sur les programmes des chaînes.
"Le Télétexte, un média qui
pourrait être considéré comme la "phase 0" de la télévision
interactive, est étonnamment important au sein de FTVI,
commente Laurent Souloumiac. Tous les téléviseurs vendus
actuellement sont compatibles avec cette technologie. En
outre, il y a plus de foyers français qui utilisent le
Télétexte que de foyers exploitant les possibilités
d'Internet. Notre activité de régie publicitaire sur ce média
peu connu est très significative". Le rôle de Laurent
Souloumiac sera donc de renforcer les prestations interactives
du groupe, tout en continuant à expérimenter en direction des
nouveaux supports dédiés. "Ma première mission sera de
développer les synergies entre la télévision et le Web en
rapprochant les contenus du site des émissions et des marques
fortes broadcast, explique le dirigeant. Nous permettrons
également au portail de profiter des événements phares
retransmis, comme le Tour de France ou encore Roland Garros".
Rappelons que la FFT a accordé à France Télévisions la seule
licence de diffusion broadcast et Webcast du tournoi de Roland
Garros. En revanche, les services payants en ligne ne
devraient pas être la première priorité : "Je ne suis pas
encore convaincu que l'Internet peut devenir payant, confie
Laurent Souloumiac. De plus, cela ne rentre pas dans la
mission de service public du groupe. Nous adopterons donc un
profil bas".
Autre mission importante qui a
déjà été confiée au nouveau directeur général de FTVI : la
croissance des activités Audiotel et SMS. "Nous considérons
aujourd'hui ne pas être assez présents sur ce secteur en forte
progression et au potentiel très significatif, estime Laurent
Souloumiac. Nous allons profiter de la mise en place des SMS
Plus par les opérateurs en téléphonie mobile pour créer des
solutions à destination de nos téléspectateurs. L'un des
premiers services que nous exploiterons sera lié au Tour de
France". Laurent Souloumiac change donc radicalement
d'environnement, arrivant dans un groupe pour lequel
l'activité Interactive est une des bases de sa stratégie de
développement. Rappelons qu'il vient de quitter un support où
le Web prend, à l'inverse, de moins en moins d'importance.
Selon des personnes proches du dossier, les activités
interactives du Figaro ne mobiliseraient désormais que 6
personnes, dont la moitié dédiée au site Figaro.fr. A
l'automne dernier, on dénombrait une quarantaine de
collaborateurs, pigistes inclus.
"La publicité on et offLine
n'est toujours pas repartie. Il est donc nécessaire de
continuer à faire des économies pour assurer la pérénité de
nos publications", commente Patrick de Bæcque, directeur du
département multimédia du Figaro. Laurent Souloumiac n'a pas
désiré commenter le devenir de la partie Internet du quotidien
français, alors qu'il avait intégré le groupe dans le but de
la développer.
Source : Digital
Business
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