Sur le marché de l'assurance en
ligne, Placement-direct.fr reste un acteur plutôt discret.
Opérationnel depuis l'exercice 2000, ce site proposant une
sélection de 10 produits d'assurance-vie a pourtant réalisé un
petit exploit sur un secteur difficile : celui de dégager un
résultat net après impôts de 15 000 E sur sa première année
d'exploitation. Une performance significative, alors que le
modèle choisi par le service aurait pu laisser quelques doutes
sur sa pérennité.
Placement-direct adopte en
effet un positionnement de discounter, en proposant des frais
de souscription fixés à 1%, là où les distributeurs
traditionnels les font généralement évoluer entre 3 et 5%. Et
pour offrir un tel tarif, Placement-direct n'a pas hésité à
rechigner sur ses propres marges, ce qui obligeait la solution
à atteindre rapidement un volume critique pour ne pas sombrer
dans le rouge. Un écueil qui a pu être évité grâce à deux
facteurs. Tout d'abord, Placement-direct n'est pas à
proprement parler un pure player. Il est en effet épaulé par
un cabinet indépendant de gestion de patrimoine disposant de
25 ans d'expérience, de 9 agences et de près de 10 000
clients. Une structure qui ne s'est pas seulement contentée
d'apporter les 60 000 E nécessaires au développement et au
fonctionnement de la prestation. "Les résultats que nous
obtenons n'auraient pas pu être atteints si nous avions
démarré l'activité de but en blanc. Placement-direct bénéficie
de nombreuses synergies effectives avec le cabinet qui
l'édite, que cela soit en termes de locaux, de matériel ou de
certains contrats fournisseurs. Sans ces atouts, nous aurions
dû investir évidemment beaucoup plus", souligne Pierre
Clarens, directeur commercial de Placement-direct.
Par ailleurs, le site estime
aujourd'hui surfer sur un marché en pleine expansion, ce que
les chiffres annoncés semblent prouver. Sur les quatre
premiers mois de l'exercice 2002, le service a enregistré 76
000 pages vues, soit une audience en croissance de 42% par
rapport à celle affichée sur la même période de l'année
dernière. Plus impressionnant : dans le même intervalle, le
nombre de demandes d'informations a bondi de 64% (935
demandes), pendant que les ouvertures de comptes générées par
Placement-direct ont explosé de 220% à 496 unités. La collecte
du site a quant à elle grimpé de 141% pour s'établir à 5,50
ME. Le tout pour un nombre de nouveaux clients en progression
de 228% à 413 souscripteurs. Rassemblant aujourd'hui un
millier d'utilisateurs, Placement-direct estime que ces ratios
valident à eux seuls son positionnement, ainsi qu'une
stratégie de communication réduite à sa portion congrue, mais
apparemment efficace : le bouche à oreille. Jamais le site n'a
en effet engagé la moindre opération publicitaire. Tablant
désormais sur un résultat net de 60 000 E pour l'année en
cours, Placement-direct n'a toutefois pas fait ses premiers
pas en terrain conquis.
"Nous avons subi beaucoup de
pression, venant notamment de maisons dont nous vendions
pourtant les produits. Ces dernières préféraient se passer de
nous plutôt que de leurs réseaux commerciaux traditionnels,
qu'elles estimaient mis en danger par la compétitivité de
notre offre. Il nous a même été suggéré que cette dernière
pourrait déstabiliser notre structure traditionnelle. Nous
étions cependant déjà convaincus que ces canaux de
distribution étaient complémentaires, puisqu'ils s'adressaient
à deux clientèles différentes", se rappelle Pierre Clarens,
qui remarque que toute cette agitation est aujourd'hui
retombée. Et Placement-direct d'indiquer que sa clientèle se
caractérise notamment par la présence d'épargnants
relativement bien informés sur les produits, en mesure de
passer eux-mêmes leurs arbitrages. "Ces personnes peuvent se
débrouiller seules. Pourquoi iraient-elles payer plus cher des
cabinets traditionnels ? Ces derniers leur offriraient des
conseils qu'elles maîtrisent déjà. De notre côté, nous sommes
clairs : si jamais les épargnants attendent de nous une très
forte dimension de conseil, il est préférable qu'ils
s'adressent à un cabinet traditionnel", explique Pierre
Clarens.
Une position qui n'empêche pas
Placement-direct de répondre aux sollicitations des
Internautes sous 48 heures, mais uniquement via eMail. Le
développement de centre de contacts ou de surfaces physiques
ne figure pas au menu de la société. Car là aussi, ce serait
synonyme d'investissements. Et Placement-direct reste
farouchement accroché à sa rentabilité.