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Mercredi 5 juin 2002
Après avoir vécu des débuts marqués par l'hostilité des acteurs traditionnels de l'assurance-vie, Placement-direct.fr compte dégager un résultat net après impôts de 60 000 E sur l'année en cours
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Sur le marché de l'assurance en ligne, Placement-direct.fr reste un acteur plutôt discret. Opérationnel depuis l'exercice 2000, ce site proposant une sélection de 10 produits d'assurance-vie a pourtant réalisé un petit exploit sur un secteur difficile : celui de dégager un résultat net après impôts de 15 000 E sur sa première année d'exploitation. Une performance significative, alors que le modèle choisi par le service aurait pu laisser quelques doutes sur sa pérennité.

Placement-direct adopte en effet un positionnement de discounter, en proposant des frais de souscription fixés à 1%, là où les distributeurs traditionnels les font généralement évoluer entre 3 et 5%. Et pour offrir un tel tarif, Placement-direct n'a pas hésité à rechigner sur ses propres marges, ce qui obligeait la solution à atteindre rapidement un volume critique pour ne pas sombrer dans le rouge. Un écueil qui a pu être évité grâce à deux facteurs. Tout d'abord, Placement-direct n'est pas à proprement parler un pure player. Il est en effet épaulé par un cabinet indépendant de gestion de patrimoine disposant de 25 ans d'expérience, de 9 agences et de près de 10 000 clients. Une structure qui ne s'est pas seulement contentée d'apporter les 60 000 E nécessaires au développement et au fonctionnement de la prestation. "Les résultats que nous obtenons n'auraient pas pu être atteints si nous avions démarré l'activité de but en blanc. Placement-direct bénéficie de nombreuses synergies effectives avec le cabinet qui l'édite, que cela soit en termes de locaux, de matériel ou de certains contrats fournisseurs. Sans ces atouts, nous aurions dû investir évidemment beaucoup plus", souligne Pierre Clarens, directeur commercial de Placement-direct.

Par ailleurs, le site estime aujourd'hui surfer sur un marché en pleine expansion, ce que les chiffres annoncés semblent prouver. Sur les quatre premiers mois de l'exercice 2002, le service a enregistré 76 000 pages vues, soit une audience en croissance de 42% par rapport à celle affichée sur la même période de l'année dernière. Plus impressionnant : dans le même intervalle, le nombre de demandes d'informations a bondi de 64% (935 demandes), pendant que les ouvertures de comptes générées par Placement-direct ont explosé de 220% à 496 unités. La collecte du site a quant à elle grimpé de 141% pour s'établir à 5,50 ME. Le tout pour un nombre de nouveaux clients en progression de 228% à 413 souscripteurs. Rassemblant aujourd'hui un millier d'utilisateurs, Placement-direct estime que ces ratios valident à eux seuls son positionnement, ainsi qu'une stratégie de communication réduite à sa portion congrue, mais apparemment efficace : le bouche à oreille. Jamais le site n'a en effet engagé la moindre opération publicitaire. Tablant désormais sur un résultat net de 60 000 E pour l'année en cours, Placement-direct n'a toutefois pas fait ses premiers pas en terrain conquis.

"Nous avons subi beaucoup de pression, venant notamment de maisons dont nous vendions pourtant les produits. Ces dernières préféraient se passer de nous plutôt que de leurs réseaux commerciaux traditionnels, qu'elles estimaient mis en danger par la compétitivité de notre offre. Il nous a même été suggéré que cette dernière pourrait déstabiliser notre structure traditionnelle. Nous étions cependant déjà convaincus que ces canaux de distribution étaient complémentaires, puisqu'ils s'adressaient à deux clientèles différentes", se rappelle Pierre Clarens, qui remarque que toute cette agitation est aujourd'hui retombée. Et Placement-direct d'indiquer que sa clientèle se caractérise notamment par la présence d'épargnants relativement bien informés sur les produits, en mesure de passer eux-mêmes leurs arbitrages. "Ces personnes peuvent se débrouiller seules. Pourquoi iraient-elles payer plus cher des cabinets traditionnels ? Ces derniers leur offriraient des conseils qu'elles maîtrisent déjà. De notre côté, nous sommes clairs : si jamais les épargnants attendent de nous une très forte dimension de conseil, il est préférable qu'ils s'adressent à un cabinet traditionnel", explique Pierre Clarens.

Une position qui n'empêche pas Placement-direct de répondre aux sollicitations des Internautes sous 48 heures, mais uniquement via eMail. Le développement de centre de contacts ou de surfaces physiques ne figure pas au menu de la société. Car là aussi, ce serait synonyme d'investissements. Et Placement-direct reste farouchement accroché à sa rentabilité.


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