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Mercredi 5 juin 2002
CDCK, nouvel acteur de la sécurisation des moyens de paiement en ligne, veut conquérir le marché français en 2003
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CDCK débarque sur le marché plutôt encombré de la sécurisation des moyens de paiement en ligne. Il y a quelques semaines, le GIE Carte bleue (auquel adhèrent quelque 220 banques françaises) annonçait pour sa part le lancement de sa propre solution de paiement électronique, l'eCarte bleue. Présentée sous la forme d'une carte virtuelle dynamique (CVD), cette dernière permet à l'Internaute de disposer d'un numéro unique et non réutilisable pour chaque transaction effectuée. Créé en juin 2000, CDCK développe quant à lui une offre de sécurisation des paiements par carte bancaire et opte pour un positionnement technologique particulier.

"Contrairement à ce qui existe actuellement sur le secteur, notre solution impose d'emblée l'authentification du porteur de la carte", explique Dominic Laage, fondateur et p.-d.g. de l'entreprise. La solution mise au point par la société bloque par défaut toutes les transactions issues de la vente à distance. Une opération effectuée en ligne est ainsi systématiquement rejetée par la banque émettrice de la carte, à moins que le porteur de celle-ci n'ait préalablement donné son autorisation. Afin de valider une transaction, il existe deux solutions. La première consiste à s'identifier par Internet grâce au couple mot de passe/compte utilisateur, et grâce à un CD Rom insérable dans un PC. L'acheteur pré-autorise alors ses actes de vente à distance, via un portefeuille électronique prenant la forme d'un logiciel client à télécharger auprès de l'organisme bancaire émetteur. La carte est alors "débloquée" pour un achat déterminé. Dans le cas où l'utilisateur ne dispose pas de PC, il peut procéder à un déblocage par téléphone. Après s'être authentifié par le biais d'un code secret, il lui est alors possible d'autoriser une vente. "Afin de nous distinguer de la concurrence, nous nous positionnons sur une identification forte du porteur, tout en restant indépendants d'une masse critique de marchands et de porteurs de carte", indique Dominic Laage. Pour mémoire, plusieurs modèles permettent d'assurer la sécurisation des moyens de paiements en ligne.

Si l'eCarte permet au client de disposer d'un numéro unique et différent de celui de sa carte traditionnelle, un acheteur en ligne peut également s'identifier grâce à un terminal de paiement personnel. Une solution proposée par exemple par la société Cybercomm. Une autre application consiste à empêcher l'utilisation abusive de numéros de carte automatiquement générés par un logiciel. Un chiffre supplémentaire est alors ajouté au dos des cartes bancaires. Il sera réclamé par certains marchands au moment de la transaction. Enfin, l'acheteur peut se faire connaître comme étant abonné à un service de sécurisation. C'est notamment le principe des technologies 3D Secure et Ucaf/SPA, connues respectivement sous les marques Verified by VISA pour le réseau Visa, ou Mastercard Ucaf/SPA pour le réseau Mastercard. Selon Dominic Laage, ces différentes offres ont toutes leurs limites, indépendamment de leur niveau de sécurité. "L'eCarte répond par exemple à un faux problème. Ce n'est pas sur le Net que sont subtilisés les numéros de carte bancaire, mais essentiellement dans la vie réelle. De même, les services utilisés par Visa ou Mastercard impliquent que tous les sites marchands adhèrent à leur principe", note le responsable. Visant une clientèle d'établissements bancaires, CDCK vend sa prestation en marque blanche.

Elle facture une licence pour un montant variant entre 20 000 et 100 000 E, auquel s'ajoute une commission annuelle allant de 1 à 10 euros par porteur de carte. Libre ensuite à l'établissement de refacturer le tout à ses clients selon sa propre politique tarifaire. Proposant l'eCarte bleue, la Société Générale refacture son service 6 E au moment de la souscription, et prend 0,50 E de commissions lors de chaque paiement. Un coût relativement onéreux qui est susceptible de freiner les consommateurs sur les petites transactions. Pour autant, CDCK n'entend pas attaquer la concurrence sur les prix. "Nos tarifs sont fixés en fonction de ce qui existe déjà sur le marché", explique Sébastien Vié, directeur financier de la société. Le coût final pour l'utilisateur restera toutefois un élément clé de la réussite du développement de l'entreprise. La grande inconnue demeure donc la facturation de la solution de CDCK aux clients des banques. On se souvient que le coût élevé du lecteur Cybercomm (60 E) n'ayant pas séduit les Internautes, l'entité (dont le GIE Carte Bleue est d'ailleurs actionnaire) a depuis amorcé un repositionnement vers des solutions d'eBanking ou d'eTrading. Par ailleurs, les banques seront-elles prêtes à mettre en place une solution parallèle au développement de l'eCarte bleue ?

Déjà commercialisée par la Société Générale et la Caisse d'Épargne, cette dernière vient d'être adoptée depuis quelques jours par la Poste. Le Crédit Lyonnais et les Banques Populaires ont aussi prévu de proposer l'eCarte bleue à leurs clients avant la fin de l'année. Afin de cibler au mieux le marché français, CDCK mise donc sur une expérience préalable menée outre-mer. Il compte en effet parmi ses clients plusieurs banques polynésiennes dont la banque de Tahiti (filiale de la Caisse d'Épargne) ou la banque de Polynésie (filiale de la Société Générale). "La Polynésie est pour nous un laboratoire d'essai. Nous avons testé notre service auprès de 200 000 porteurs sur un marché similaire à celui de la Métropole en termes de processus de transactions, note Dominic Laage. Nous avons également signé un accord avec une banque grecque et espérons nous lancer sur le marché français début 2003". En attendant un véritable démarrage sur la Métropole, CDCK envisage de procéder à une levée de fonds. Actuellement dotée d'un capital de 152 449 E, la SAS avait procédé en juin 2000 à un tour de table d'un montant de 1,06 ME auprès du capital-risqueur Imolat, une société constituée de business angels tels que Robert-Louis Dreyfus et Christian Tourres. Le 28 février dernier, ce dernier a financé un deuxième tour de table à titre personnel, pour un montant de 0,96 ME.

Le capital de la CDCK est dorénavant détenu à 44% par Dominic Laage, à 33% par Imolat, à 18% pour Christian Tourres, le solde étant réparti entre les salariés de l'entreprise. Celle-ci envisage l'ouverture prochaine de ce capital à de nouveaux investisseurs, pour un apport financier encore non communiqué. Elle désirerait finaliser l'opération avant la fin du troisième trimestre 2002. Basée à Cannes, CDCK France est détenu à 100% par CDCK Corporation, holding financière. Disposant d'une implantation juridique française et américaine, la société envisage à terme une éventuelle introduction sur le Nasdaq et sur le marché hexagonal.


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