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Mercredi 21 juillet 2004

 

Commerce électronique : envol et menaces

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Le commerce électronique s'envole depuis 2002 : moins de réticence à payer en ligne, diffusion de l'ADSL ... Certains secteurs en profitent plus. Mais déjà de nouvelles menaces se profilent porteuses de graves conséquences ...
Un cap vient d'être franchi, celui qui sépare deux types de consommateurs.

Le premier est un consommateur qui va sur Internet trouver des renseignements sur un produit mais se déplace physiquement pour acheter ce produit.

Le second consommateur, sans complexe recherche, choisit et achète sur Internet. Ce dernier comportement devient très largement dominant. Question de confort et de confiance. La plupart des études mettent en exergue une corrélation entre la ligne haut débit ADSL et la transformation du surfeur en acheteur : le confort de la navigation ancre chez les internautes, l'habitude et le plaisir de faire ses courses sur Internet.

La confiance dans les moyens de paiement électronique encourage les consommateurs à acheter en ligne. En France, en 4 ans le nombre de cyberacheteurs est passé de 4 % à 23 % de la population . Aux USA, le e-commerce a franchi la barre des 100 Md$ en 2003, sur le vieux continent il a atteint 77 Md$.

En Europe, les habitudes ne sont pas uniformes. D'un pays l'autre, les internautes n'ont pas atteint le même degré sur l'échelle de la cyber-consommation. Sensiblement on distinguera 4 classes : l'Allemagne, le Royaume Uni et les pays du nord constituent le premier groupe, les consommateurs sont nombreux, ils achètent régulièrement (255 € par internaute allemand, 245 € par Britannique); la France est dans le groupe intermédiaire avec une consommation de 171 €. Le 3ème ensemble rassemble l'Europe du Sud en forte progression dominé par des groupes étrangers. Le dernier comprend l'Europe de l'Est.

Cet envol du commerce en ligne s'est inscrit dans les résultats ou dans la valeur boursière de Yahoo !, d'Amazon, Travelvelocity ou bientôt de Google … Les secteurs gagnants sont le tourisme (vente de voyages et d'hébergements), les produits électroniques (téléphone, hi-fi, camescope …), les produits culturels (livres, CD, DVD …) et enfin la vente par correspondance traditionnelle.

Les marketers américains jugent le marché des ados européens comme très prometteur, ils soulignent qu'en Europe les internautes sont notoirement plus jeunes que l'age moyen de la population. Surtout, les ados sont plus ouverts aux nouveaux moyens de paiement. Bref, les doutes sur un collapsus, après le krach de la nouvelle économie, sont oubliés, l'heure est à l'optimisme.

Cette réussite attire, comme souvent des individus ou des sociétés aux buts et aux moyens inavouables.

En 2003, La Federal Trade Commission, organisme US, a reçu des plaintes d'un demi-million d'Américains s'estimant victimes d'escroqueries sur le Net. Le montant de ces vols (réels ou supposés) est en augmentation de 40 % en un an. Les escroqueries prennent les formes suivantes : usurpations d'identité, fausses enchères en ligne, ventes à distance frauduleuses …la nouveauté est le phishing. Ce fléau frappe directement la finance.

Quelques mots d'explication, le phishing (se dit fishing) consiste à envoyer un E-mail à un internaute, émanant faussement d'une entreprise très connue (banque, assurance, établissement de crédit). La manœuvre consiste à obtenir de l'internaute des informations personnelles secrètes comme les codes d'accès et mots de passe de ses comptes bancaires. Pour y parvenir, le courriel, sous des prétextes divers, enjoint l'internaute à se connecter urgemment à l'adresse du web contenu dans le courriel.

Arrivé sur ce faux site maquillé pour ressembler au site habituel, l'internaute introduit ses codes d'accès et mots de passe. Le tour est joué, ce web est un aspirateur à information mis en place par les pirates. Munis des informations du client, les escrocs se connectent sur le vrai site bancaire de l'internaute et effectue en son nom des transferts vers des comptes offshores ou d'autres opérations.

Le phénomène est important : en février, chaque jour 9,7 attaques de masse étaient lancées aux USA. Elle ont concernées Citibank, Well Fargo, Warchovia, eBay, Visa … Les premières victimes européenne a été Barclays, Natwest , Lloyds TSB avant que le danger gagne le continent.

La riposte s'organise mais gageons que l'imagination des escrocs est sans limite.


                                                             Michel Grèze


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