Le commerce
électronique s'envole depuis 2002 : moins de réticence à
payer en ligne, diffusion de l'ADSL ... Certains secteurs en
profitent plus. Mais déjà de nouvelles menaces se profilent
porteuses de graves conséquences ...
Un cap vient d'être franchi, celui qui sépare deux types de
consommateurs.
Le premier est un consommateur qui va sur Internet trouver
des renseignements sur un produit mais se déplace
physiquement pour acheter ce produit.
Le second consommateur, sans complexe recherche, choisit et
achète sur Internet. Ce dernier comportement devient très
largement dominant. Question de confort et de confiance. La
plupart des études mettent en exergue une corrélation entre
la ligne haut débit ADSL et la transformation du surfeur en
acheteur : le confort de la navigation ancre chez les
internautes, l'habitude et le plaisir de faire ses courses
sur Internet.
La confiance dans les moyens de paiement électronique
encourage les consommateurs à acheter en ligne. En France,
en 4 ans le nombre de cyberacheteurs est passé de 4 % à 23 %
de la population . Aux USA, le e-commerce a franchi la barre
des 100 Md$ en 2003, sur le vieux continent il a atteint 77
Md$.
En Europe, les habitudes ne sont pas uniformes. D'un pays
l'autre, les internautes n'ont pas atteint le même degré sur
l'échelle de la cyber-consommation. Sensiblement on
distinguera 4 classes : l'Allemagne, le Royaume Uni et les
pays du nord constituent le premier groupe, les
consommateurs sont nombreux, ils achètent régulièrement (255
€ par internaute allemand, 245 € par Britannique); la France
est dans le groupe intermédiaire avec une consommation de
171 €. Le 3ème ensemble rassemble l'Europe du Sud en forte
progression dominé par des groupes étrangers. Le dernier
comprend l'Europe de l'Est.
Cet envol du commerce en ligne s'est inscrit dans les
résultats ou dans la valeur boursière de Yahoo !, d'Amazon,
Travelvelocity ou bientôt de Google … Les secteurs gagnants
sont le tourisme (vente de voyages et d'hébergements), les
produits électroniques (téléphone, hi-fi, camescope …), les
produits culturels (livres, CD, DVD …) et enfin la vente par
correspondance traditionnelle.
Les marketers américains jugent le marché des ados européens
comme très prometteur, ils soulignent qu'en Europe les
internautes sont notoirement plus jeunes que l'age moyen de
la population. Surtout, les ados sont plus ouverts aux
nouveaux moyens de paiement. Bref, les doutes sur un
collapsus, après le krach de la nouvelle économie, sont
oubliés, l'heure est à l'optimisme.
Cette réussite attire, comme souvent des individus ou des
sociétés aux buts et aux moyens inavouables.
En 2003, La Federal Trade Commission, organisme US, a reçu
des plaintes d'un demi-million d'Américains s'estimant
victimes d'escroqueries sur le Net. Le montant de ces vols
(réels ou supposés) est en augmentation de 40 % en un an.
Les escroqueries prennent les formes suivantes : usurpations
d'identité, fausses enchères en ligne, ventes à distance
frauduleuses …la nouveauté est le phishing. Ce fléau frappe
directement la finance.
Quelques mots d'explication, le phishing (se dit fishing)
consiste à envoyer un E-mail à un internaute, émanant
faussement d'une entreprise très connue (banque, assurance,
établissement de crédit). La manœuvre consiste à obtenir de
l'internaute des informations personnelles secrètes comme
les codes d'accès et mots de passe de ses comptes bancaires.
Pour y parvenir, le courriel, sous des prétextes divers,
enjoint l'internaute à se connecter urgemment à l'adresse du
web contenu dans le courriel.
Arrivé sur ce faux site maquillé pour ressembler au site
habituel, l'internaute introduit ses codes d'accès et mots
de passe. Le tour est joué, ce web est un aspirateur à
information mis en place par les pirates. Munis des
informations du client, les escrocs se connectent sur le
vrai site bancaire de l'internaute et effectue en son nom
des transferts vers des comptes offshores ou d'autres
opérations.
Le phénomène est important : en février, chaque jour 9,7
attaques de masse étaient lancées aux USA. Elle ont
concernées Citibank, Well Fargo, Warchovia, eBay, Visa … Les
premières victimes européenne a été Barclays, Natwest ,
Lloyds TSB avant que le danger gagne le continent.
La riposte s'organise mais gageons que l'imagination des
escrocs est sans limite.
Michel Grèze