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Vendredi 5 décembre 2003
 

Spam : chiffres et tendances

Bonnes affaires

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Il y a un an, j'avais intitulé une de mes chroniques " Le SPAM, nouvelle lèpre de l'Internet ? ", qu'en est-il aujourd'hui ? Rappelons que le spam au sens strict est un courrier électronique commercial, financier, politique, religieux ou pornogra-phique non sollicité provenant d'une société inconnue ou non-identifiée. Le spam est aussi appelé pourriel, pollu-postage .

Le phénomène s'est amplifié sans retenue, les comporte-ments changent sous ce flot inextinguible. En septembre 2003, les pourriels représentent 54 % du trafic total des emails (1). Hier, le désagrément restait limité, aujourd'hui, il explose. 75 % des internautes se plaignent de ne pouvoir contenir ce flot d'email non sollicités.

La panoplie du spammeur s'est enrichie. Ils allient les moyens matériels, de millions d'adresses sans cesse renouvelées et de travestissements habiles. Leurs moyens matériels sont suffisants pour inonder le réseau de manière croissante et continue. Leurs moyens logiciels collectent à la façon d'aspirateurs des Emails sur le net, auquels s'ajoutent les fichiers revendus par des éditeurs de web peu délicats. La plupart des spams contiennent une instruction-pirate qui prévient le spammeur quand son spam est dans votre boîte à lettre. Ce mécanisme permet de valider votre adresse électronique comme active donc exploitable. Enfin, ils travestissent à la fois leur nom d'expéditeur et l'objet de leurs messages pour pousser les victimes à ouvrir leur pourriels.

Le spam est un sport qui peut rapporter gros, à peu de frais :
67 % des internautes ont déjà répondu à un pourriel.
7 % ont déjà commandé un service ou un bien proposés En conséquence, nos boîtes à lettres débordent.

Combien de spams par jour ? L'an passé, la moyenne était de 4 à 6 pourriels/jours par internautes. Aujourd'hui, 11% des internautes reçoivent plus de 50 spams/jour à la maison. Au travail, ils sont 10 % à atteindre les 50 spams/jours. Cette déferlante épargne uniquement 8% des cybernautes.

Plus grave, le contenu est considéré inconvenant, offensant ou dégradant par une majorité écrasante d'utilisateurs. Ainsi 83 % des femmes sont choquées (2) par leur contenu souvent obscène et repoussant. Les comportements changent, les internautes perdent confiance dans l'Email. Un quart a réduit son utilisation du courrier électronique, souvent dans des proportions très importantes. Aux USA, une sanction éthique se dévelop-pe : à un sondage presque la moitié des personnes ont répondu " avoir abandonné tout business " avec les entreprises ayant des pratiques douteuses en matière d'email.

Aux USA, la révolte gronde, les trois quarts des internau-tes désirent la création d'un répertoire fédéral "Do-Not-Spam", interdissant aux spammeurs d'écrire aux person-nes enregistrées sur ce répertoire. La bataille est menée sur le plan éthique et juridique. Elle concerne, aussi, les annonceurs menacés de boycott s'ils recourent au spams. En France, le parlement légifère contre le spam.

Comment communiquer en dehors des spams ? Dans ce climat de suspicion, les services de marketing direct ont, une peine croissante, à faire lire leurs messages. Les newsletters sont une alternative intéressante. Elles sont des lettres adressées à des internautes abonnés..
Deux types de newsletters, celles destinées aux consommateurs ( B to C) et celles destinées aux professionnels ( B to B). La performance se mesure au pourcentage de destinataires ouvrant la newsletter. Le taux d'ouverture s'élève à 71 % pour les lettres B to B (3) , plus modeste le B to C atteint 41%. S'agissant de la finance en Europe, le taux d'ouverture est de 36 % pour les lettres B to C. Le marketing direct trouve par ce moyen une audience beaucoup plus réceptive.

Cela sera-t-il suffisant pour inverser la tendance ou est-il déjà trop tard ?

                                                          Michel GREZE

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(1) Source : Brightmail
(2) In Spam : How It Is Hurting Email and Degrading Life on the Internet de Pew Internet & American Life Project
(3) Source : Opt-in News.