Il
y a un an, j'avais intitulé une de mes chroniques
" Le SPAM, nouvelle lèpre de l'Internet ? ",
qu'en est-il aujourd'hui ? Rappelons que le spam au
sens strict est un courrier électronique commercial,
financier, politique, religieux ou pornogra-phique
non sollicité provenant d'une société inconnue ou
non-identifiée. Le spam est aussi appelé pourriel,
pollu-postage .
Le phénomène s'est amplifié sans retenue, les comporte-ments
changent sous ce flot inextinguible. En septembre
2003, les pourriels représentent 54 % du trafic total
des emails (1). Hier, le désagrément restait limité,
aujourd'hui, il explose. 75 % des internautes se plaignent
de ne pouvoir contenir ce flot d'email non sollicités.
La panoplie du spammeur s'est enrichie. Ils allient
les moyens matériels, de millions d'adresses sans
cesse renouvelées et de travestissements habiles.
Leurs moyens matériels sont suffisants pour inonder
le réseau de manière croissante et continue. Leurs
moyens logiciels collectent à la façon d'aspirateurs
des Emails sur le net, auquels s'ajoutent les fichiers
revendus par des éditeurs de web peu délicats. La
plupart des spams contiennent une instruction-pirate
qui prévient le spammeur quand son spam est dans votre
boîte à lettre. Ce mécanisme permet de valider votre
adresse électronique comme active donc exploitable.
Enfin, ils travestissent à la fois leur nom d'expéditeur
et l'objet de leurs messages pour pousser les victimes
à ouvrir leur pourriels.
Le spam est un sport qui peut rapporter gros, à peu
de frais :
▪ 67 % des
internautes ont déjà répondu à un pourriel.
▪ 7 % ont
déjà commandé un service ou un bien proposés ▪
En conséquence, nos boîtes à lettres débordent.
Combien de spams par jour ? L'an passé, la moyenne
était de 4 à 6 pourriels/jours par internautes. Aujourd'hui,
11% des internautes reçoivent plus de 50 spams/jour
à la maison. Au travail, ils sont 10 % à atteindre
les 50 spams/jours. Cette déferlante épargne uniquement
8% des cybernautes.
Plus grave, le contenu est considéré inconvenant,
offensant ou dégradant par une majorité écrasante
d'utilisateurs. Ainsi 83 % des femmes sont choquées
(2) par leur contenu souvent obscène et repoussant.
Les comportements changent, les internautes perdent
confiance dans l'Email. Un quart a réduit son utilisation
du courrier électronique, souvent dans des proportions
très importantes. Aux USA, une sanction éthique se
dévelop-pe : à un sondage presque la moitié des personnes
ont répondu " avoir abandonné tout business "
avec les entreprises ayant des pratiques douteuses
en matière d'email.
Aux USA, la révolte gronde, les trois quarts des internau-tes
désirent la création d'un répertoire fédéral "Do-Not-Spam",
interdissant aux spammeurs d'écrire aux person-nes
enregistrées sur ce répertoire. La bataille est menée
sur le plan éthique et juridique. Elle concerne, aussi,
les annonceurs menacés de boycott s'ils recourent
au spams. En France, le parlement légifère contre
le spam.
Comment communiquer en dehors des spams ? Dans ce
climat de suspicion, les services de marketing direct
ont, une peine croissante, à faire lire leurs messages.
Les newsletters sont une alternative intéressante.
Elles sont des lettres adressées à des internautes
abonnés..
Deux types de newsletters, celles destinées aux consommateurs
( B to C) et celles destinées aux professionnels (
B to B). La performance se mesure au pourcentage de
destinataires ouvrant la newsletter. Le taux d'ouverture
s'élève à 71 % pour les lettres B to B (3) , plus
modeste le B to C atteint 41%. S'agissant de la finance
en Europe, le taux d'ouverture est de 36 % pour les
lettres B to C. Le marketing direct trouve par ce
moyen une audience beaucoup plus réceptive.
Cela sera-t-il suffisant pour inverser la tendance
ou est-il déjà trop tard ?
Michel GREZE
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(1) Source : Brightmail
(2) In Spam : How It Is Hurting Email and Degrading
Life on the Internet de Pew Internet & American
Life Project
(3) Source : Opt-in News.