Il
n'aura pas fallu beaucoup de temps à Integra pour
se saborder. La filiale de Genuity vient en effet
de se placer en cessation de paiement. Quelques jours
après que sa maison-mère lui ait annoncé ne plus pouvoir
la financer. Le tribunal de Commerce devrait statuer
dans les prochains jours sur l'avenir de l'entité.
Quelques jours après que Genuity ait annoncé la suspension
du financement de sa filiale Integra, le couperet
vient de tomber.
Créée en 1996 par Philippe
Guglielmetti, la société vient en effet de déclarer
s'être placée en cessation de paiement. "Les
discussions menées avec son actionnaire principal
et avec d'éventuels investisseurs n'ayant pu aboutir
dans l'immédiat", indique un communiqué. Contactés
par nos soins, les dirigeants d'Integra s'en remettent
à la décision du tribunal de Commerce de Nanterre
qui devrait se prononcer dans les prochains jours
sur l'ouverture de la procédure judiciaire. Sans l'avouer
clairement, l'entreprise souhaite se tourner vers
un redressement judiciaire pour éviter une liquidation
et une vente par appartement. "La solution idéale
serait évidemment de trouver un repreneur potentiel",
affirme en substance un porte-parole d'Integra. Le
14 août dernier, sa maison-mère Genuity avait fait
savoir à la filiale (dont elle détient 93% du capital)
qu'elle ne pourrait plus lui apporter son soutien
financier. Depuis cette décision, "Integra a
recherché toutes les solutions alternatives qui auraient
pu assurer ses besoins de financement à court terme".
En vain. Des signes précurseurs pouvaient pourtant
mettre sur cette voie. A la fin du mois de juillet
dernier, Verizon (actionnaire à hauteur de 10% dans
le capital de Genuity) aurait dû prendre une participation
majoritaire dans le fournisseur de services d'infrastructure
Internet. En raison d'un second avertissement sur
résultats, l'opérateur américain a alors fait savoir
à Genuity qu'il renonçait finalement à monter au capital.
Présent dans 9 pays européens
(France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne, Italie,
Danemark, Norvège, Suède et Pays-Bas), Integra a sérieusement
réduit sa voilure en Espagne où l'équipe n'est plus
constituée que de quelques personnes. En janvier 2002,
Integra avait déjà annoncé un plan social portant
sur environ 25% de ses effectifs à l'échelle du Vieux
Continent. Avouant bien évidemment que certains de
ses satellites affichent des résultats plus performants
que d'autres, l'entité refuse de communiquer sur l'avenir
de ces derniers. Outre la cessation de paiement prononcée
contre Integra, l'avenir de Genuity est aujourd'hui
directement en jeu. Dans l'urgence, le groupe a certes
obtenu un sursis de la part de ses banques et dispose
en trésorerie de 1,20 Md$ [En raison de l'actuelle
parité euro/dollar, les conversions ne sont pas effectuées,
N.D.L.R.]. Mais il demeure très difficile de connaître
la réelle situation financière d'une société. Le meilleur
exemple reste incontestablement WorldCom. Ce dernier
a subi la pression de ses fournisseurs qui lui réclamaient
le paiement de leur dû devant l'incertitude qui pesait
alors sur l'entreprise. Si Integra confie être sur
le point de remplir ses objectifs financiers, la structure
précise également qu'elle était encore loin de l'autofinancement.
L'hébergeur a réussi à diviser par 3 ses pertes nettes
sur 2001, celles-ci s'affichant à 123,90 ME sur la
période.
Mais les revenus ont
dégringolé de 13%, pour s'établir à 44,70 ME. Sur
le premier trimestre 2002, le CA de la société a été
de 7,60 ME, en baisse de 7% sur trois mois. Suspendu
à la cotation depuis le 23 août dernier, le titre
Integra (Sicovam : 007293) a terminé sur une valeur
de 0,20 E, en baisse de 28,57% sur le Nouveau marché.
Depuis le début de l'année, le cours a décroché de
83,47%. L'annonce de la cessation de paiement d'Integra
aura également pénalisé l'action Genuity (Nasdaq :
GENU), celle-ci chutant de 3% à la mi-journée, à 0,28
$.