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Les banques françaises financent-elles les oléoducs de Trump ?

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Qualisteam | Lundi 13 Février 2017

Partisan du démantèlement des lois protégeant l’environnement, Trump vient d’autoriser le redémarrage de la construction de deux oléoducs qui traversent, sans leur accord, le territoire des Sioux. Obama avait stoppé le projet suite à la révolte violente de 200 tribus d’amérindiens conduites par des Sioux et des protecteurs de l’environnement. Les banques françaises sont déjà engagées dans le financement d’un des projets pour plus d’un milliard de dollars. Accompagneront-elles Trump dans son combat idéologiques ou comme certaines de leurs consœurs se retireront-elles du projet?

Cette industrie du transport des hydrocarbures est très sale et attentatoire à l’environnement. Quelques chiffres consternants : en 2016, les oléoducs américains ont connu 220 déversements accidentels.

Une industrie très polluante
Depuis 2006, 3.000 fuites d’hydrocarbures des pipelines ont occasionné aux USA des dégâts à hauteur de 4,7 milliards US$. Par exemple, au Dakota du Nord (patrie des Sioux), un épandage de plus de 3 millions de litres a été occasionné sur un pipe dénommé « Belle fourche ». Cela éclaire la révolte indienne car l’oléoduc menace leurs réserves d’eau et les Caterpillar retournent les terres sacrées liés à la religion et aux funérailles.

Cet oléoduc appelé « Dakota Access Pipeline », dans un premier temps, devait passer près de Bismarck, la capitale du Dakota du Nord. Mais conscients des risques de contamination des eaux, les décideurs ont détourné son trajet pour lui faire traverser le territoire des Sioux. Comme dans les westerns ! Deux cents de tribus amérindiennes ont manifesté contre le projet parfois avec violence. En décembre dernier, Le Monde rapportait que même des chiens avaient été lancés à l’assaut des manifestants. Devant l’escalade de la violence, Obama a suspendu la poursuite des travaux.

Ces rassemblements de tribus étaient, d’après la presse américaine, les plus importants depuis le XIXème siècle. Ici comme ailleurs, la résistance contre les décisions de Donald Trump se structure et se renforce.

La mobilisation reprend, les banques en première ligne
17 banques ont financé le projet et les entreprises qui le conduisent au travers de crédits revolving ou de prêts. Mais depuis l’élection de Trump, la donne a changé. La situation politique américaine est conflictuelle, les démocrates jugent le président illégitime, la côte ouest entre en dissidence, l’opinion publique internationale le craint ou le déteste.

Trump relance le projet des oléoducs, la contestation repart plus forte, plus populaire que jamais. Difficile pour les banques de s’afficher au côté de Trump dans sa politique climato-sceptique et anti-science. Quatre banques françaises sont engagées dans l’affaire, l’ONG Food and Water Watch chiffre leur engagement :
► BNP Paribas (444 millions de dollars)
► Crédit Agricole (344 millions de dollars)
► Natixis (180 millions de dollars)
► Société Générale (120 millions dollars)

Depuis début février, une pétition réunissant 700.000 signataires appelle au boycott et à la clôture des comptes bancaires des 17 banques. Devant la montée de cette contestation certaines banques européennes comme le suédois Nordea ou les néerlandais ING et ABN Amro se retirent de projet. L’américain Wells et Fargo fait l’objet d’appel au boycott et certains clients, comme la ville de Seattle, lui retire ses fonds.

Quant aux banques françaises, silence radio. Vont-elles continuer à soutenir le projet ou s’en dégager ?

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