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Hollande face à la scission des banques 1/2

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Qualisteam | Lundi 25 Juin 2012

Dimanche de la semaine dernière, Hollande a fini son grand chelem : Sénat, présidence et Assemblée nationale. Le discours du Bourget et son tonitruant "mon adversaire principal, c’est la finance " s’éloigne. Reste son programme dont trois propositions concernent les banques.

La formation d'économiste (HEC) du nouveau président renforcée par un passage à la Cour des Comptes lui laisse peu d'illusions sur l'état des finances du pays. Les caisses sont vides et les banques françaises sont patraques. Ses marges de manœuvres sont restreintes, il sait ne pas pouvoir soutenir ni financièrement, ni politiquement les banques en cas de tourmente. Dit de manière caricaturale, l’Etat ne peut plus garantir les dépôts des clients tandis que les banques spéculent avec une partie de ces mêmes dépôts. Comme en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, la nécessité de réformes structurantes importantes devient évidente.

Dans son programme, il annonce : « Je séparerai les activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi, de leurs opérations spéculatives. ». Cette promesse de campagne sous-tend deux choses. D’une part, une sanctuarisation de la banque des entreprises et de Monsieur et Madame Tout-le-monde, seules ces banques seront éventuellement secourues en cas de tempête. D’autre part, une volonté de tarir le flux des liquidités de la banque de détail qui atterrit dans les caisses de la banque d'investissement, en clair interdire aux banques de jouer avec l’argent de clients. Les caisses sont vides, le gouvernement cherche actuellement 10 milliards € d’économies sur le budget. Parallèlement, les banques françaises connaissent un passage à vide, leur valeur boursière a été divisée par 2 par 3 voire plus. Moody’s vient d’en dégrader trois, leur avenir à court terme ne s’éclaircit pas. Si elles plongent, que pourra faire le gouvernement ?

La Grande-Bretagne et les USA qui connaissent des situations proches de la nôtre ont lancé leurs réformes.

Rapport Vickers ou réforme Volcker
Au Royaume-Uni, ce sera bretelles et ceinture, pour éviter que les banques de dépôts ne perdent leur culotte. Le gouvernement a confirmé il y a quelques jours son intention de mettre en œuvre sa réforme connus sous le nom de rapport Vickers du nom de Sir John Vickers. C’est une réforme prône une sanctuarisation («ring-fencing ») des banques commerciales. Elles seules pourront proposer la gestion des dépôts, les prêts aux particuliers et aux entreprises. Le nombre des opérations autorisées aux banques est restreint. Il s’accompagne d’une obligation de porter ses fonds propres à 10 %, plus d’autres obligations de réserves, en cas où.

Les banquiers britanniques ont protesté car la réforme atteint la profitabilité des banques. Innovation intéressante, comme les numéros de téléphone portable, les comptes deviennent portables, en cas de changement de banque, tous les versements et prélèvements automatiques seront instantanément transférés vers le nouvel établissement. Cette réforme coûtera entre 4 à 7 milliards de livres sterling par an au secteur bancaire.

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